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 L'ASSEMBLEE GENERALE s'est tenue le 11 mars 2021 en visioconférence


RAPPORT MORAL ET BILAN D’ACTIVITES 2020

L’année 2020 a commencé avec beaucoup de projets et d’initiatives à la suite du voyage sur place qui s’est
terminé fin décembre 2019.
Malheureusement, le développement de la pandémie du COVID-19 a grandement affecté toutes les
activités de l’association, tant en France qu’à Madagascar. Un contact a été maintenu tout au long de
l’année grâce aux réseaux sociaux, ce qui a permis de s’adapter au fur et à mesure.


Activités en France


L’essentiel des activités en France consiste à collecter des fonds et à imaginer des actions en fonction de
l’actualité sur place.
● Soirée Bol de Riz à l’Ecole Sainte Jeanne d’Arc d’Herblay : prévue pendant le carême, cette
manifestation a dû être annulée avec le confinement. Quelques billets pour la soirée ont été vendus et
les participants ont souhaité que cela soit transformé en don pour l’association (environ 300 €)

● Aucune vente d’artisanat n’a pu être réalisée en présentiel. Une boutique en ligne a été créée en mai
pour proposer certains articles pouvant facilement être envoyés par la poste, mais le peu de visibilité de
la boutique rend cette initiative trop compliquée à gérer telle quelle pour être efficace, d’autant qu’au
bout d’une année, des charges s’ajoutent.

● Suite à des nouvelles alarmantes concernant l’aggravation de la pauvreté avec le confinement à
Madagascar (plus de touristes + couvre-feu), il a été décidé de réaliser une collecte de fonds pour
organiser des distributions de produits de première nécessité aux familles les plus démunies. Cette
opération a permis de collecter près de 1900 €

● L’association a renoncé à participer au forum des associations de Conflans-Sainte-Honorine, en raison
de la situation sanitaire et des consignes contraignantes pour cette manifestation, de même qu’au
traditionnel marché de Noël de la MJC qui devait exceptionnellement se tenir en extérieur (risque de
dégradation de l’artisanat avec la météo) et qui a été finalement annulé à cause du second confinement.

● Durant cette année, le projet de stage de fins d’études d’un trio d’étudiants de l’école de PURPAN
(ingénieurs agronomes) a été programmé pour une durée de 3 mois entre septembre et décembre avant
d’être reporté au 1​er semestre 2021 et un séjour de solidarité internationale d’un groupe de compagnons
(Scouts Rives de Seine et Oise) programmé pour l’été avant d’être annulé (frontières fermées).

● L’habituelle collecte sur Helloasso pour financer la distribution de fournitures scolaires pour tous les
élèves et enseignants de la Zone Administrative et Pédagogique d’Andasibe a permis de récolter
seulement la moitié des besoins. Le complément a été financé sur nos réserves.

CONCLUSION : A la fin de l’année 2020, l’association compte 73 adhérents qui se sont régulièrement
mobilisés pour nous soutenir et ont été particulièrement généreux. Cependant, l’annulation des voyages
de bénévoles sur place (qui financent des projets portés par l’association) et l’absence de dons
d’entreprises ou d’institutions font que notre budget a fortement baissé. La situation sanitaire n’a pas
permis de développer plus d’activités pour faire connaître l’association et les confinements puis
consignes pour limiter la transmission du virus n’ont pas permis au conseil d’administration de se réunir
en présentiel, mais le contact a été conservé par messagerie. Les diverses décisions ont été prises
conjointement entre les membres du conseil d’administration.


Activités et nouvelles d’Andasibe


● CANTINES
A la suite de la dernière assemblée générale (21 févr 2020), il avait été décidé de faire évoluer le projet
cantine en limitant la durée d’ouverture de la cantine à la seule période de soudure (période entre 2
récoltes, plus difficile pour les familles – janvier à avril) dans un premier temps pour pouvoir assurer le
financement de plusieurs cantines de brousses (au final nombre de repas servis identique).

Nous avons donc ouvert au début du mois de mars, en plus de l’école de Menalamba (reprise des repas
en novembre 2019), une cantine à Andasifahatelo (70 élèves + 3 enseignants), une à Mangarivotra (99
+ 5) et une quatrième à Andasimbiavy (41 + 3). Les parents qui s'investissent pour la préparation des
repas ou la culture des potagers reçoivent aussi un repas.

Au préalable des ouvertures, nous avons fait les travaux ou investissements nécessaires à l’installation
de cantine :
- Andasifahatelo : mise en place d’un potager en permaculture pour alimenter en partie la cantine. Il
existait déjà une cuisine et du matériel/vaisselle sur place.
- Mangarivotra : construction d’une cuisine et achat de matériel/vaisselle.
- Andasimbiavy : construction d’un puits, d’une cuisine et achat de matériel/vaisselle.
Malheureusement, au bout de quelques semaines, le confinement, à partir du 20 mars à Madagascar a
marqué un coup d’arrêt à ce projet avec la fermeture des écoles jusqu’à la fin de l’année scolaire.
Actuellement, alors que les effectifs de chaque école ont fortement augmenté (annonce de la gratuité
totale de la scolarité en 2020-21), nous n’avons pas pu assurer, pour l’instant, l’ouverture des cantines,
par manque de moyens techniques sur place (gestion et contrôle) et aussi parce que la situation des
écoles de brousse est particulièrement fragile (certaines écoles sont fermées à cause du non-paiement
des salaires des enseignants FRAM)
Par assurer ce projet, nous sommes à la recherche de nouveaux donateurs qui s’engageraient sur le long
terme avec des dons mensuels pour cette rubrique (actuellement 80 €/mois au total soit 960 €/an alors
qu’il faudrait au minimum 200 €/mois soit 2400 €/an pour faire fonctionner les 4 cantines pour les 12
semaines de la période de soudure) plus d’infos sur cette action et pour y participer :
https://www.helloasso.com/associations/la-voix-de-l-espoir-feon-ny-fanantenana/collectes/cantine-pour
-tous-dans-les-ecoles-de-brousse
Concrètement, 6 donateurs qui donneraient 20€/mois permettraient de financer ces cantines pour la
période de soudure et 20 supplémentaires assurerait le ravitaillement des cantines pour l’année scolaire
entière !

● POULAILLER COMMUNAUTAIRE
Installé en décembre 2019 sur le quartier de brousse d’Andasifahatelo, ce projet expérimental
susceptible de fonctionner sans nouvel apport financier et devant dégager des bénéfices (grâce à la
vente des œufs) permettant à la population de recevoir des dons de poules pondeuses assortis d’une
formation à l’élevage, a d’abord bien fonctionné jusqu’au mois de mars. Puis avec la crise sanitaire, la
récolte d’œufs s’est effondrée, leur vente ne permettant plus d’acheter la nourriture nécessaire pour les
poules. Alertés, nos référents locaux, Dominique et Alphonse ont tenté de comprendre la raison de cette
baisse et ont tenté de faire repartir la production en fournissant des provendes supplémentaires.
Malheureusement, ce qui a été entrepris n’a pas été suivi de résultats positifs, probablement en raison
de vols d’œufs (qui expliquerait en partie au moins la chute de la récolte) et de soins aux volailles
insuffisants (de nombreuses familles étaient pourtant engagées sur le projet).
Il a été décidé, à la fin du mois d’août, après plusieurs tentatives de redressement de la production, et vu
l’état de santé des poules qui semblaient en bout de course au bout de 9 mois alors que leur espérance
de ponte est de plus de 2 ans, de transférer le poulailler chez Dominique. Après acclimatation du
cheptel (au bout d’une semaine environ), tout est rentré dans l’ordre et depuis, grâce aux bons soins de
quelques employés, le projet est à nouveau rentable (le déficit se résorbe petit à petit).

Se pose aujourd’hui la question du devenir du poulailler (cage et poules) : on ne peut pas envisager de
remettre le poulailler à Andasifahatelo car malgré nos investissements, les produits de première
nécessité offerts aux familles et la perspective de bénéfices, la motivation des habitants n’est plus là. Si
nous pouvons distribuer les poules réformées aux familles comme cela était prévu, en vue d’un élevage
familial, il reste la cage qui est un gros investissement (cage collective de 100 têtes). Nous étudierons
toutes les possibilités qui pourront procurer des revenus durables à des personnes motivées et
volontaires ou si ce n’est pas possible, nous tenterons de vendre le matériel pour réinjecter l’argent dans
nos autres actions.

● PERMACULTURE ET AUTRES INITIATIVES AGRICOLES (terrains scolaires)

Ce projet initié il y a déjà 8 ans, mis en place pour alimenter les cantines de l’école de brousse de
Menalamba a été étudié sous toutes les formes possibles (partenariat associatif, suivi par un technicien
agronome local…). S’il y a eu quelques périodes de réussite et d’espoirs quant à son succès, nous
constatons aujourd’hui qu’il est très difficile d’en faire un projet pérenne de par la difficulté des
bénéficiaires de s’engager sur le long terme. A chaque lancement (ou relance) de projet, il y a beaucoup
de volontaires, puis petit à petit, l’effectif diminue jusqu’à ce que les plantations ou autres initiatives
agricoles (élevage de lapins par exemple ou poulailler communautaire) mises en place meurent faute de
soins adéquats ou disparaissent, victimes de vols.

Ces projets ne sont pas pour autant des échecs : la population a reçu une formation, certaines techniques
agricoles, des notions d’écologie et de préservation de l’environnement ont été transmises et quelques
familles ont pu utiliser ces éléments pour améliorer leurs conditions de vie.

 
● FORMATION DES ENSEIGNANTS FRAM
Après la pause « période cyclonique », les cours de français dispensés par une enseignante de
l’Alliance Française de Moramanga, ont pu reprendre pour les enseignants FRAM volontaires, au début
du mois de mars. La présence des enseignants aux cours leur assure aussi le versement d’une indemnité
leur permettant d’améliorer un peu leur quotidien.
Le confinement jusqu’au début du mois de septembre a stoppé les cours qui ont pu reprendre début
octobre. Des dates ont été redéfinies pour terminer la session de 30 heures/FRAM initialement
commandées. A la reprise, nous avons constaté quelques abandons dus à des changements
professionnels (titularisation) ou familiaux (maternité) mais la très grande majorité des participants a
répondu présente. Sur proposition de la professeure de français, nous avons pu proposer à 4 apprenants
de se présenter aux examens DELF, session de novembre : 2 candidats pour le niveau B1 et 2 pour le
niveau B2 (Nous avons appris récemment qu’ils sont tous reçus !).

Une nouvelle session de 30 heures a débuté en décembre avec la même professeure et les FRAM qui
souhaitaient poursuivre, ainsi que quelques nouveaux volontaires.
Quelques FRAM avaient un niveau tellement faible que la professeure de l’Alliance Française nous a
conseillé une mise à niveau avant d’intégrer à nouveau le groupe. Cette formation parallèle est pilotée
par Tsiky (bénévole), l’indemnité continue à leur être versée, comme pour les lauréats des examens qui
continuent à participer à des actions promouvant le français.

La professeure de français nous rend compte régulièrement de la motivation et des progrès des
apprenants, elle est dans la communication et très réactive. Cela est très positif et on sent dans les
échanges, sa motivation et l’affection qu’elle porte à ses élèves.

● SOUTIEN DE LA SCOLARITE DES FAMILLES LES PLUS DEMUNIES
Nous continuons de financer la scolarité d’une soixantaine d’élèves, à tous les niveaux dont 30
scolarisés à l’école privée Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Cette année scolaire 2020-2021, l’Etat a annoncé que l’école serait entièrement gratuite, donc nous
n’avons payé que la participation financière pour l’école privée.
Les enfants ont reçu des fournitures scolaires supplémentaires et participé à un goûter de Noël où nos
bénévoles locaux ont pu leur distribuer des vêtements que nous avions fait parvenir avant mars
(plusieurs valises avaient pu voyager grâce à des amis).

● DISTRIBUTION DE KITS SCOLAIRES A TOUS LES ELEVES ET ENSEIGNANTS
Malgré notre absence sur place, la distribution a pu être organisée à distance : transmission par le chef
ZAP, au siège de l’association, des effectifs par école et par classe, établissement de la liste des
fournitures à distribuer pour chaque niveau puis envoi à Dominique de la liste des fournitures à
commander sur place. Dominique et nos bénévoles sur place, José, Tsiky et de jeunes volontaires
toujours prêts à aider ont pu enfin se rendre dans les écoles pour la distribution individuelle.

● AIDE A L’ACCES A INTERNET ET NUMERIQUE
Nous continuons de financer une partie de l’abonnement internet du cyber café, contre des
tickets-connexion internet offerts aux enseignants et élèves du secondaire. Des tickets « impression
photocopies » ont aussi été financés avec le cyber café pour dépanner les enseignants (environ 50
pages chacun) car leur dotation de photocopies ne leur avait pas encore été donnée par l’Etat !
Plusieurs enseignants nous ont chaudement remerciés par messagerie car sans impression ils n’ont pas
de support pour leurs cours ! Cela ne suffit évidemment pas mais nous ne pouvons, ni ne voulons nous
substituer à l’Etat.

● ACTIONS SPECIALES CRISE SANITAIRE

Le confinement et la fermeture des frontières à Madagascar a complètement paralysé l’économie du
pays : la plupart des habitants d’Andasibe ne sont pas salariés et la disparition du tourisme a mis un
grand nombre de personnes au chômage, créant indirectement la fin du paiement des métiers de rue
(lavandières…) et des enseignants FRAM (payés par les parents d’élèves).

Alerté par nos personnes de confiance locales sur la situation dramatique de familles qui ne parvenaient
plus à acheter de quoi se nourrir, le conseil d’administration a décidé de lancer une collecte « CRISE
COVID » et a pu à 3 reprises (16 avril, 1​er juillet et 29 août) distribuer, grâce à nos bénévoles locaux,
riz et savons à une centaine de familles en détresse (familles bien identifiées par nos soins lors des
précédents séjours et familles isolées et monoparentales connues par nos correspondants).

Fin août, ce sont aussi les enseignants FRAM qui ont pu recevoir un colis de produits de première
nécessité (riz, huile, pâtes, haricots, sucre…) car après plusieurs mois sans salaire – alors que certains,
enseignants ont continué à travailler pour préparer leurs élèves aux examen de fin de cycle – leur
situation devient plus que précaire.
Ces enseignants nous ont écrit pour nous faire part de leurs difficultés, parfois avec humour, nous
racontant leurs petits boulot d’appoint ou leur motivation pour continuer à enseigner « bénévolement ».

En conclusion, malgré la situation et l’impossibilité de se rendre sur place en 2020, nous avons pu
grâce à la confiance qui s’est construite depuis quelques années, aider efficacement la population
d’Andasibe avec nos moyens disponibles.

Nous pouvons compter sur nos relais locaux qui se dévouent à longueur d’année et nous ne les
remercierons jamais assez pour leur engagement désintéressé en faveur de leurs compatriotes. Ils
offrent leur temps pour aider mais aussi des moyens matériels importants (transport en camion…) sans
jamais se mettre eux-mêmes en avant.

Les dernières nouvelles qui nous arrivent nous laissent à penser qu’Andasibe a plus que jamais besoin
de notre soutien : en raison d’une moindre pluviométrie, les récoltes risquent de ne pas être
suffisamment abondantes.

Valérie THIEBAUX, Présidente de l’association,
3 mars 2021