Journal de Marie-Alix et Vianney : un emploi du temps bien rempli

Salama la famille et les amis,

Voici maintenant 5 semaines que nous sommes arrivés et l’emploi du temps devient de plus en plus chargé. Nous n’avons pas le temps de chômer.

Tout d’abord, nous avons étudié les plans pour un compost dans le potager de l’école primaire publique d’Andasibe. Nous en avons réalisé la construction avec Romain et Roland, deux menuisiers qui travaillent chez Dominique. Nous avons été impressionnés par la fabrication des planches et des traverses en bois (structure de notre compost). Ils sont partis de 5 grosses poutres en sapin de 25 cm de large, qui en passant par la scierie sont devenues de belles planches fines et des traverses de 6 cm de large.

Nous avons fait le choix de garnir les parois intérieures par du plastique issu de bidons recyclés afin de les protéger de l’humidité du compost et ainsi le faire durer plus longtemps. Il ne nous reste plus qu’à l’enduire d’huile de vidange (toujours pour protéger le bois) et de le placer dans le potager afin de commencer à l’utiliser. Nous réaliserons par la suite une petite formation pour les élèves du primaire pour leur expliquer le fonctionnement et l’utilisation d’une compost.

Avant de venir, nous avions comme mission de faire des poulaillers individuels dans les familles d’Andasibe en distribuant les poules reformées d’un élevage communautaire monté par l’association en 2019. Ce projet, qui devait être pérenne, n’a malheureusement pas fonctionné car il y a eu des vols d’œufs et une mésentente entre les différentes familles qui s’en occupaient.

En arrivant début avril, il n’y avait donc plus de poulailler, notre mission étaient impossible à réaliser sous cette forme. Nous avons alors fait une étude économique d’un poulailler de 4 poules pondeuses pour une famille. Il en est ressorti que cela n’était pas rentable. En effet, celle-ci gagnerait seulement 8 000 ariarys (environ 2 €) par mois, sans compter le temps que cela prend, ajouté aux risques de vols et de maladies.

Nous avons étudié d’autres solutions pour mettre en place un élevage : faire de la cuniculture, faire des plus gros poulaillers individuels ou collectifs, faire un élevage de poulet de chair … Mais aucune de ses idées ne nous ont convaincues soit par manque de rentabilité, soit pour des questions de sécurité (vols).

Nous avons cependant trouvé une solution : mettre en place un poulailler de 100 poules pondeuses chez les sœurs carmélites d’Andasibe, sur le modèle de celui monté en 2019. Cela leur permettra d’avoir une source de revenu tous les mois, afin de continuer les actions en faveurs des personnes les plus pauvres du village. Les sœurs tiennent un dispensaire ouvert toute la semaine où les médicaments ne sont pas payants pour les personnes n’ayant pas les moyens. A cela, s’ajoute une école ménagère pour les jeunes filles afin de les professionnaliser et une école privée qui accueille et soutient quelques familles qui n’ont pas les moyens de payer l’école pour leurs enfants. 

Lors de la présentation du projet, les sœurs, très enthousiastes, ont immédiatement accepté et nous ont trouvé une place pour faire l’élevage. Un bâtiment de 4mx3,5m situé dans leur poulailler actuel. Cela nous garantit la sécurité et le bon fonctionnement de l’élevage des poules pondeuses. Nous sommes maintenant dans les devis afin de faire livrer sur Andasibe des cages en batteries et des poules pondeuses prêtes à pondre vaccinées et vermifugées.

En début de semaine dernière, nous avons eu une réunion avec le directeur du collège et une prof de français afin de mettre en place des cours de français au collège. Soit en soutien des professeurs, soit en remplacement d’un professeur (absent depuis début décembre). Nous avons donc récupéré un emploi du temps de 13h avec des cours dans toutes les classes de 6ieme, 5ieme et 4ieme.

Afin de sceller notre collaboration, nous avons eu la chance de signer dans le livre d’or du collège.

Nous nous sommes donc replongés dans les programmes de français afin de préparer les cours. Au programme : l’impératif présent, la voie active/passive, la nominalisation … et bien d’autres cours que nous allons devoir revoir et préparer.

Afin de commencer la semaine de cours, nous avons été invités au lever des couleurs le lundi matin à 7h30. Nous avons ainsi pu entendre l’hymne national pour la première fois depuis notre arrivée. Le directeur nous a présenté à toute l’école. Les présentations faites, nous avons enfin pu commencer les cours.

Les élèves sont assez sages pour le moment. Nous avons été surpris par l’appel, celui-ci se fait par des numéros attribués à chaque élèves (d’un côté, cela nous arrange, car il n’est vraiment pas facile, voire impossible de prononcer leur nom de famille).

Pour les classes de 5ième, l’association vient de mettre en place une correspondance avec une classe de 5ième en France dans le collège « Les bruyères » à Courbevoie. Nous avons eu pour mission de distribuer les lettres des jeunes français aux élèves malgaches. Nous les avons pris en photo individuellement afin de pouvoir les envoyer en France et commencer un vrai échange. Actuellement, ils sont en train de rédiger leurs lettres afin de répondre aux Français.

En parallèle des cours au CEG (collège), nous continuons les cours de français le mardi après-midi avec les CM2 qui passent le CEPE à la fin de l’année. Les heures de cours sont plus difficiles, car ils ne parlent pas et ne comprennent vraiment pas bien le français . Pour compliquer encore plus la chose ils sont plus de 50 dans la classe. Nous allons voir pour diviser la classe en deux pour améliorer la compréhension des élèves.

En fin de semaine dernière, nous avons eu la visite de Nathalie et de sa fille Perrine. C’est une ancienne membre active de l’association qui vivait en France, et qui, depuis 2 ans et demi vit à Tananarive. Elle a pu découvrir les actions de l’association en direct et nous a encouragé. Aujourd’hui, présidente d’une association malgache, elle pourrait aider à financer quelques projets de l’association La Voix de l’Espoir – Feon’ny Fanantenana. Nous avons pu bénéficier de ses nombreux contacts locaux pour avancer dans nos missions, notamment pour le projet des poules pondeuses.

Nous avons profité de sa voiture et de son accueil chez elle pour aller sur Tana le week-end du 7-8 mai. L’objectif de ce voyage était d’acheter de l’artisanat local dans les petits marchés pour par la suite le ramener en France et le vendre. Les bénéfices seront ainsi une recette financière supplémentaire pour l’association.

Nous avons pu redécouvrir les joies de la circulation très dense, l’art de la négociation des « prix vaza », 4 fois plus chers que le prix normal … Et les supersmarchés. Après un mois dans un « petit » village à acheter ses légumes et son riz sur les étalages de rues, cela nous a fait une drôle d’impression de revoir des rayons de supermarchés remplis d’articles « non-essentiel ».

Le dimanche matin, nous avons profité d’être à Tana pour aller à Akamasoa, quartier de Tana créé sur une décharge par le père Pedro, grande figure à Madagascar et dans le monde entier. Nous avons profité pour visiter le quartier, avec toutes ses maisons identiques ainsi que la carrière de pierre où les gens du quartier viennent travailler.

Puis nous avons assisté à la messe. La messe se passe dans un grand gymnase, lorsque l’on rentre c’est très impressionnant et on a du mal à croire qu’il sera entièrement plein. Mais si, il ne restait plus une place assise et nous étions environ 9 000 ! La messe a durée 3h mais nous n’avons pas vu le temps passer….nous avons été submergés par la joie communicative des Malgaches et l’émotion tout au long de la messe.

Et pour finir, nous avons eu le droit à des danses de 1 000 élèves de l’école primaire de la décharge… une fin de messe en apothéose !!

A la sortie de la messe nous avons pu rencontrer le père Pédro et discuter un peu avec lui.

C’est ici que se termine notre séjour à Tana. 

Mandrapihôna

Marie-Alix et Vianney

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